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Predators ou la preuve de Dieu
Il y a comme ça des films à éviter. 
Predators n'en fait pas partie. 

Predators fait partie de ces films exceptionnels, qui vous prouvent que vous aviez raison sur un point, depuis le début. Predators, c'est la fin de tous les doutes, et le début des certitudes. Certains appelleront cela "illumination", d'autres plus sobrement "révélation", et des gens comme moi diront simplement: "enfin".

Enfin, tout mes doutes sont levés quant à l'espèce humaine: elle va mal. Mais genre, terriblement mal, et quand on voit un film comme... non mais on ne peut même pas décemment appeler ça un film. Encore moins un "it" comme j'ai auparavant qualifiéValhalla rising. Non, Predators, c'est une autre catégorie.

C'est même carrément une catégorie qui n'existe pas encore. Il faudrait la créer spécialement pour celui là. 
Car Predators, ne me demandez pas comment, est sa propre merde. Je veux dire le film chose, il est intrinsèquement chose et merdre de la chose. Et inversement.

Mais attention là ! on n'est plus dans l'ontologie de base hein ! on passe carrément dans une dimension quantique du terme.
Predators a, et je le dis sans concession (je n'ai plus aucun doute, rappelez vous.) crée un NOUVEL UNIVERS. Au sens cosmique.
Predators ouvre une NOUVELLE DIMENSION!

Non mais. Nimrod Antal (le réal. Ouais, personne ne le connaît) ne fait pas les choses à moitié. quand il s'agit de faire un film, ce mec joue à Dieu, et il réussit. C'est un démiurge. Il réinvente le cinéma, et, peut être sans le vouloir, crée carrément une galaxie.
Il a pris un vrai acteur (Adrien Brody, excusez du peu, même s'il nous a fait dernièrement un bon gros manolito tout pourrave), et un licence, pas des moindres car ça reste un film culte des 80's. Même si la plupart de ce qui a comme adjectif "culte" et qui sort des années 80 pourrait bien disparaître dans un torrent de boue et de merdre, d'accord. Quand même.
Il mixe avec de gros effets spéciaux, des flingues, morpheus (!!!), Cube, une jolie nana (avec un cul qui nous vaut la meilleure réplique du film), et voilà, il crée une putain de galaxie.

Le problème, c'est qu'on a beau créer une galaxie, si elle est à ce point là pourrie, c'est quand même qu'on a raté sa vie.

Bref, à part vouloir vous rappeler le premier Predator à gros coup de Jackhammer, cette chose pathétique et abominable ne sert à rien. 

Sinon à vous ôter d'un doute sur l'existence de Dieu.

Dieu existe, et c'est Nimrod Antal.

Ceci explique ce monde de merdre.
 
Predators - ma note pour ce film :
Réalisé par Nimrod Antal
Avec Adrien Brody, Alice Braga, Topher Grace, ...
Année de production : 2010
Centurion, un film exceptionnellement exceptionnel
J'ai enfin pu voir ce que j'attendais de "Le Guerrier silencieux"!   
De l'Ecosse, du sang, des têtes qui volent, de la brume, du gore!  
 
Que du vrai!  
Enfin!  
 
Même qu'à la place du borgne qui ne parle pas et qui démonte tout ce qui bouge, on a le droit à une sauvageonne jouée par Olga Machin-chenko... bref, une nana plutôt pas mal.  
Bon, il y avait quelque chose d'exceptionnel dans ce film. Sans mentir.  

  
Mince! j'ai oublié quoi!   
Peut être... de... 

L'aspect divinatoire. Le problème, c'est que même sans être calé en histoire, ni en ayant appris à reconnaître des tatouages pictes, on devine tout. Enfin, je dis ça parce que j'ai tout deviné, et que, non, c'était vraiment pas dur.  

  
Alors je ne sais pas si c'est un pouvoir que j'ai développé en regardant Lost ou  bien si c'est ce qui arrive un an après avoir vu Villa Amalia, mais je pouvais deviner tout le film.  
Et je ne pense pas que c'était une exception.
  
Centurion, c'est un film où on peut écrire l'histoire au moins deux minutes à l'avance. C'est certainement magique, mais pas exceptionnel.  
Allez le voir, vous verrez, ça marche. Vous direz: "Tiens, là, il va se passer telle chose." Et à plus ou moins 1h36 minutes, cette chose arrive.   
Non, non, l'exception n'était pas là.  

Alors, il se pourrait que...
  
L'histoire complètement invraisemblable? Cet aspect Fast & Furious dans l'antiquité?  
Non... non. Le centurion carrément devin (comme le spectateur), plein de ressource, assez bête pour ne pas voler et détacher les chevaux de ses poursuivants quand il en a l'occasion?  
Non!  
Les délires sur les champignons?  
Non! non! et non!  
Exceptionnel! Merdre! Qu'est-ce qui était si exceptionnel?  
L'inutilité totale de certaines scènes, aussi bien sur les plans physiques que métaphysiques, qui nous hachent le film à la manière d'un picte en transe?  

Mais non!  
 
Les critiques qui l'ont massacré? La production qui n'a pas fait son boulot? L'argent passé dans les litres de sang et de fausse neige plutôt que dans la comm?  
Ah! Je tiens un truc, là, je le sens. Mais c'est pas ça!  
 
Mais attends voir...  
Mais si! 
  
Voilà pourquoi ce film était si exceptionnel!  
Cette impression qu'on aurait pu m'égorger... le sang qui coule à flot de ma trachée! Ce malaise venant de derrière, semblable à celui du centurion, mal à l'aise à cause de derrière!   
Cette impression qu'on aurait pu m'égorger! Jamais je n'ai senti une telle osmose avec un film! Voilà pourquoi je devinai tout si aisément! L'osmose!  

C'est ça qui était exceptionnel! Mieux qu'un Werthers!  

J'étais tout seul dans la salle! 
 
Centurion - ma note pour ce film :
Réalisé par Neil Marshall
Avec Michael Fassbender, Dominic West, Olga Kurylenko, ...
Année de production : 2010
Dog Pound ou la symbolique du brouillon


Tiens, Dog Pound. Je ne savais pas que ça voulait dire : fourrière.

L’endroit où on met les bâtards, comme ils ont mis Malibu, la semaine dernière. Ou alors il s’est peut être fait écraser au sortir de chez moi ?

Quoiqu’il en soit, il n’y a plus ni Malibu, ni interviewiste, ni homoncule aujourd’hui, et je dois vous parler du dernier Chapiron. Chapiron, Kim, c’est Kourtrajme. a aurait du le rester.

Chapiron, c’est à mon humble avis le coté inutile du cinéma, et Dog pound en est l’essence même.

Oh, je n’invente rien. De son aveu personnel il relit les séquences sans grande conviction autre que de faire un « cocktail explosif ». Si vous pensez que le cinéma consiste juste à cela… Lisez la phrase suivante alors :

« Le cinéma n’est en réalité que la mise en séquence de séquences, pour faire un cocktail explosif, trop de la balle. »

Et restons amis.

Nan.

Je déconne, barrez vous.

Alors Dog pound ? Un cocktail explosif ? Une réussite trop de la boulette qui tue sa race ? T’as vu ?

Dog Pound réussit tout. Dans les moindres détails. Jusqu’au bruit, jusqu’à la plus petite prise de son, comme pendant cette sodomie à sec si évidente (pour un type qui a été un an en prison pour des besoins de réalisme, il aurait du voir que ça ne peut pas rentrer comme ça. Que sur terre, il existe des lois de la physique qu’on peut plus difficilement transgresser que les lois humaines.), tout est réussit.

Même la bande annonce. C’est dire.

Tout explose. Mais pas comme une belle bombe nucléaire dans un atoll du pacifique, hein ! Tout explose plutôt comme un pétard mouillé.

En fait, Dog Pound réussit dans son échec.

Ce film est un brouillon, un bande annonce assaisonnée avec de la flotte, et deux trois petits morceaux de poivre pour faire genre. Pour faire genre parce que sans ces morceaux de poivre, le film aurait été d’un misérable… Et on aurait vraiment pu se demander : mais que fait-on ?

C’est la crise, paraît-il, et on donne de l’argent à Kim Chapiron pour nous sortir ça ? Une sorte de reportage de France 2 qui n’aurait pas pris la voix off mais gardé sa monotonie ?

Ce film est triste. Triste car il n’a même pas de scénario. Pas de personnage. Non. Ne cherchez pas plus loin que la bande annonce, hein. On y voit tout. Mais tout. Même la fin. Allez, je ne puis que tenter de vous raconter le film ! Pas trop de spoil je vous rassure, si vous avez vu la BA. Allez, je vous les soulignes, les spoils :

Quand Butch avait dix ans, son père jongleur ès tronçonneuse s’est coupé la teub, ce qui a rendu dingue le gosse. Le gosse va en taule, parce qu’il est légèrement dérangé et a très, mais très peu de vocabulaire (« Don’t do it again »). Il crève l’œil d’un maton, et arrive à Enola Gay, où il se fait brûler son poupouce puis tabasser la nuit par le gros dur de service, qu’on appellera Babar parce que je ne me souviens plus de son nom. Butch n’en lâche pas une aux matons et finit en isolement.

Ouais, à Enola Gay, Butch arrive avec Davis, le queutard vendeur de drogue un peu bête et lâche, qui se fera voler ses caterpillars par Babar. Babar qui va le droguer et lui dessiner une bite sur le visage. C’est qu’on se fait chier en prison. Surtout quand on a des privilèges comme Babar. Bref, il rejoint Butch en isolement parce qu’à Enola Gay, on ne se ballade pas déguisé en dame.

Ah oui ! Babar est en vert, ça veut dire qu’il est gentil (d’où Babar). Mais en réalité, c’est un gros fumier. Comprenez la subtilité du scénar là ? C’est trop injuste quoi.

Bon, pis y’a Angel (on le voit au début, genre il est important). Angel, lui, ne fait pas son lit correctement, et accessoirement, meurt après avoir peint une femme à poil, la tête éclatée par Goodyear. Pas les pneus, hein, le maton. Il était sur les nerfs car il ne pouvait pas aller voir sa gamine pour son anniversaire.

Bref, un peu avant sa mort, Butch sort d’isolement avec Davis et vont maraver la tronche à Babar et à ses potes. Après, ils font une balle au prisonnier (haha) et Davis gagne. Davis a des problèmes avec sa mère, mais finalement, après son viol, il veut la voir, et on le retrouve le matin avec du sang sur le ventre. L’image dure deux seconde et on n’en saura pas plus, sur le pourquoi du comment, ou je ne sais pas quoi.

Ah, je vous ai parlé du mec qui fait croire qu’il a le Sida, mais qui ne l’a pas, et qui kiffe veugra la psy ?

Après y’a une émeute et Butch lance une chaise. Après il sort dehors et se fait matraquer.

 

Et c’est fini.

Là, dans votre tête, vous vous dites : c’est une blague, il ne dit pas tout ! Ben, si.

Allez le voir, vous pourrez ensuite lâcher vos commentaires. Ce qu’il arrive aux personnages ? On ne sait pas.

Je vois déjà des cavaliers arriver au loin pour dire que : « Olà ! Maraud ! Mais si on ne voit rien, c’est toute la symbolique de la prison ! M’enfin ! Maraud ! Les murs quoi ! »

Cassez vous, par pitié.

Dog Pound, s’il est symbolique, c’est du brouillon. C’est le plus beau papier froissé au fond d’une poubelle. Le plus beau ! Que dis-je ? Le plus représentatif. Une belle merdre reste… etc.

 

 

 
Dog Pound - ma note pour ce film :
Réalisé par Kim Chapiron
Avec Adam Butcher, Shane Kippel, Mateo Morales, ...
Année de production : 2010
FATAL Docteur

C’est la coupe du monde, alors je fais le match.

Quand, au retour du pays normand, un de mes ex collègues des chasseurs m’a proposé d’aller voir Fatal, je lui ai dit : Ouais.

La question reste en suspens, mais se pose quand même. Je me l’étais déjà posée, cette question, après être revenu de l’immortel. Mon humeur était catastrophique, et je n’avais pas répondu à « pourquoi ai-je été voir cette merdre ? ».

S’il y a quelque chose de sûr, dans la vie, c’est que parfois on fait des choses sans savoir trop pourquoi. Pour certains, faire n’importe quoi consiste à égoutter des lardons dans un chinois, pour d’autres, il s’agit de mettre un bébé dans un congélateur. Tout varie. On ne se pose pas de questions, et on agit. Les résultats varient aussi. Egouttez des lardons et le résultat est catastrophique, car vous perdez en saveur. Mettre un bébé dans le congélo peut vous sauver d’avoir à subir les miasmes au sébum d’une adolescence désastreuse et torturée, et d’avoir à écouter Saez. A vrai dire tout n’est qu’une question de point de vue, et tout est relatif.

Fatal est très relatif.

Il est tellement relatif que je ne peux que le mettre en opposition avec un film sorti au début de l’année, tellement les points communs sont nombreux. Je veux bien sûr parler de Gainsbourg, vide héroïque.

Déjà, ce sont tout deux des premiers films.

Gainsbourg fût le héros de son époque. Fatal est le héros de la sienne. Tout deux ont la musique et la décadence en commun.

Dès lors, difficile de ne pas mettre en relation ces deux films. Leurs différences ne sont pas tellement nombreuses. A peine tiennent-elles à un prépuce.

Round 1

Car en effet, la circoncision les relit aussi sûrement que le reste. Mais, alors que l’acteur jouant dans GVE, Elmosnino, n’est pas circoncis, alors que putain, il devrait l’être, Mickaël Youn lui, est circoncis.

Doit-il l’être ? Qu’importe !

FB : 1  GVH : 0

Round 2

Si Elmosnino est l’étoile brillante du film de Sfar, Mickaël Youn, l’acteur, est le cratère de son propre film. Là où l’un joue avec subtilité et prête ses traits fins aux physique laid de Gainsbourg, l’autre joue grossièrement, et mal en plus, et prête -désolé mais il faut bien l’admettre- ses traits lourds et pâteux au physique savoyard de Fatal Bazooka.

Gainsbourg était un personnage haut en couleur, et Elmosnino arrive à le camper de par son jeu -oserai-je dire- exceptionnel. Fatal porte certainement beaucoup de couleur et cela, Youn le rend bien, et il est. Il est. Simplement. Et c’est ça.

C’est ça la différence. Quand Elmosnino joue Gainsbourg, Youn est Fatal. C’est ça, un vrai acteur. Elmosnino aux oubliettes. Si encore il s’était circoncis, je ne dis pas, mais là…

FB :2  GVH : 0

Round 3

Sfar a décidé de s’approprier un chanteur qui a existé. Il n’a donc pas eu grand-chose à inventer. Youn, lui, a inventé Fatal.

Mais l’histoire de Fatal trouve vite ses limites, dans un scénario basique. Deux ennemis s’affrontent, l’un tombe, l’autre reste. Le premier revient à la terre, et repart avec des valeurs plus humaines. Jusqu’ici rien d’exceptionnel.

GVH elle n’a de limites que celles de la vraie vie de Gainsbourg. Incroyablement, Sfar y a été de sa patte et a sut l’enrichir. Il a enrichit la vie de Gainsbourg en en faisant un schizophrène.

GVH met donc en évidence deux pseudos Gainsbourg, allégorie de son alcoolisme et de « sa gueule ». La gueule de Gainsbourg, cette tête de chou le suit, lui dicte une conduite, et lui la renie, il tente de la repousser mais elle revient dès qu’il y a de la picole.

On partait haut, pour finir bas…

Tout à fait l’inverse dans le film de Youn, qui part très bas (niveau synopsis), et finit tout en haut. Sans passer par ces édulcorants de la folie, par des pseudos fatal, Youn nous décrit la psychologie complexe de son héros, et nous dévoile les ficelles de la décadence avec autant sinon plus de talent qu’un J.K Huysmans ou un L’isle Adam. Subtilement, et à travers un personnage grossier, Fatal Bazooka nous narre les abysses de la déchéance humaine, jusqu’à la résurrection.

Le pari est donc gagné pour FB.

FB : 3 GVH : 0

Round 4

Sfar a mis de la poésie dans un film où il aurait du parler de musique et de poésie.

Youn manque peut être un peu de poésie par instant, mais il fait bien passer la puissance musicale de FB, et de son ennemi juré : Chris Prolls.

Cela dit, il faut admettre. Bien qu’il soit d’une force psychologique, complexe et parfois déroutant (la scène dite « Der Humpink » -ou accouplement avec un objet-, lors de la remise de prix des MAM nous met en confrontation avec nous même) Fatal Bazooka manque de poésie. Les pâquerettes et les paysages de montagne ne font pas tout… hélas.

FB : 3 GVH : 1

Round 5

Si la scène d’arrivée de Laetitia Casta/Brigitte Bardot est une des scènes les plus marquantes de GVH, que peut-on dire de la scène de l’épreuve de foi dans FB ?

Cette scène où Mickaël Youn escalade la montagne pour trouver l’edelweiss noire, et affronte le mouton qui a tué son père marquera pour longtemps l’histoire du cinéma.

En choisissant de ne pas la montrer au premier abord, le réalisateur se place dans une situation délicate car frustrante pour le spectateur. Le génie de Youn se dessine quand la scène est dévoilée, il saisit le kaïros, et nous la montre… A notre plus grande joie !

FB : 4 GVH : 1

Je n’irai pas plus loin dans les descriptions du match qui se déroule par la suite, tant la compétition est inégale. Il est clair que FB le modeste, contrairement à son opposant pédant et prétentieux, marquera les esprits de toute une génération. Fatal Bazooka, s’est déjà élevé au rang de film culte, LE film de la génération Application HD, la Now generation. Ma génération a eu Fight Club. C’est out. Désormais, Fight Club est TH. Ceux qui ne comprennent pas cela sont eux aussi TH.

TH. Tellement Hier. Lol.

FB : 7  GVH : 1

Bref, un score sans appel, qui nous prouve à quel point la bande originale de Fatal Bazooka vaut So much toute la discographie de Gainsbourg.

Rideau.

Non mais qu’est-ce que vous croyez ? On pourra toujours trouver un beau fil quand on compare deux navets.

Le nombre d'étoiles est à considérer sur l'échelle des navets...

 
Fatal - ma note pour ce film :
Réalisé par Michaël Youn
Avec Michaël Youn, Stéphane Rousseau, Isabelle Funaro, ...
Année de production : 2009
Docteur Sycander, un type étrange. When You(re Strange.

Bien, ayant récemment été viré par mon précédent employeur, je ne peux plus me permettre le luxe d’avoir d’interviewiste. Le mieux que j’ai pu trouver, c’est ce bâtard puant. Malheureusement, quand bien même ce chien s’appelle Jimbo, il ne pourra pas vraiment parler du film. Pourquoi ? Pour la bonne raison qu’il s’agit d’un chien, et que les chiens, ça ne parle pas. Sauf quand on prend un acide.

Stamp.

Dr Sycander : Alors brave Malibu, ça pêche ?

Malibu : En fait, mon nom est James. Très bon, ce pâté. C’est du lapin ?

Dr S : Tout à fait, mais je souhaiterai toujours t’appeler Malibu. Le prendrais-tu mal ?

: Du tout, du tout. Je vous en prie mon ami.

Dr S : Tu as une drôle de voix, Malibu. Et pourquoi portes-tu ce foulard rouge. C’est ridicule. On dirait Bruel. Bon, Alors ? Ah, oui, le film sur les Doors. When you’re strange.

: Oui. Curieux titre, mais bien choisi.

Dr S : Ouais… Sais-tu que j’ai eu la peur de ma vie ? Sais-tu, Malibu, que je voulais quitter la salle avant même que le film ne commence ?

: Pourquoi ? Parlez, je vous en prie !

Dr S : Ne pouvant plus arriver, pousser tout le monde en montrant mon badge de chasseur, et prendre les meilleures places, j’ai fait la queue. Bon, il n’y avait que cinq personnes devant moi, ça va. Cinq dont quatre avaient une tête de con, souriaient d’un sourire de métal et de saletés, des boutons, et des sacs à dos où étaient mal cousus des patchs de divers groupes de rock. Oh, c’est marrant, me dis-je à cet instant. Car ils n’étaient que quatre. Je rentre dans la salle, prend la meilleure place, celle au point C. Je t’ai déjà parlé du point C ?

: Oui !

Dr S : Bon, ben c’est bien… Enfin, il ne me semble pas que je t’en ai parlé mais… Enfin, tant pis. La musique de Jurassic Parc fait de mon entrée un triomphe. Les quatre Jeunes, juste devant moi, commencent à se comparer aux Beatles. L’un se ventant d’être le plus célèbre, et le plus riche. John Lennon. Tu ne peux pas savoir l’envie que j’avais de lui éclater le coin de mon livre sur la tête…

: Oh, Oui !

 Dr S : …et de lui dire qu’il était surtout le plus mort. Non, je ne l’ai pas fait. Suivirent ensuite des discussions fades sur les noms des membres des Doors. Ils n’en connaissaient qu’un seul... C’est alors qu’entrent, sous la musique de La Momie, mon cauchemar. Pas des créatures tentaculaires sorties de l’imagination malade de Lovecraft, mais pire. Des créatures pour la plupart femelles, de type jeune, sorties de l’union malade du faux amour de leurs parents. D’autres pseudo mâles encore au seuil de la puberté finirent d’envahir la salle.

: Oula. Oula !

Dr S : Comme tu dis. Je me serais cru dans un souk de Tombouctou, ou dans la salle de classe de Bégaudeau. Ça jactait, ça piaillait. J’étais dans une basse cour d’abrutis. Heureusement, à ma droite, un mec en costard cravate, et un vieux beatnik. A ma gauche, trois nanas qui puait la salle de classe. Tu sais, cette odeur d’hormones jeunes et de sueurs lourdes, confinées dans des salles fermées. Cette odeur de carbone, qui imprègne facilement les vêtements synthétiques de ces petites putes, et qui…

: Bah ! C’est… Bah !

Dr S : Je ne te le fais pas dire ! Bref, ça gueule d’un bout à l’autre de la salle, les djeuns ayant le nombre. Perso, je n’avais pas les armes. Bref, ils se reconnaissaient, se sentaient faire parti de la même communauté… Le point C, c’est génial. Sauf quand tu veux partir en courant. Là, je me sentais cerné. On voit Jim deux secondes sur une pub pour la fête du cinéma. Et c’est là que ça devient affreux. Trois ou quatre gonzesses se mettent à gémir. A ce stade là, j’ai peur. A ma grande surprise, après avoir ordonné quelques « silence » et autres « chut ! » lorsque les feux s’éteignirent, le silence apparut.

… Pour laisser place à tout le répertoire des Doors. On commence avec le film de Morrison, The HitchHiker, dont la qualité était impressionnante. Je veux dire, le grain, hein. On aurait dit du numérique. Pour le reste, il était chanteur, n’est-ce pas. Pas cinéaste. Puis, la voix de Depp. Bon, elle n’apporte rien d’exceptionnel. Elle est très sympathique certes, mais bon, on ne m’ôtera pas de la tête qu’il est là uniquement pour le cachet.

Le film en lui-même ressemble à une bonne synthèse de tous les docs sur les Doors. Sans plus. Utile pour un profane, complètement futile pour quiconque a tout vu sur le sujet, à moins de vouloir voir du Jim. Bouffer du Jim…

: Ah ouais ! Ouais !!!

Dr S : … devrais-je dire, Malibu. On bouffe plein de Jim. Tellement qu’on fait une overdose. Pour sûr, les fans tarés devront y trouver leur compte, mais j’ai trouvé ça indigeste. Principalement parce que je n’ai rien appris. Le film de DiCillo n’apporte rien de neuf. Quelques images certes. Super.

J’en ressors juste avec l’impression que, sous les propos de Johnny, on a le droit à un montage de toutes les archives que Tom et son équipe ont pu dégoter.

Il fallait bien que les jeunes s’en mêlent à nouveau. Lorsque Johnny nous parle de la mort de Morrison, une nana est partie en pleurant… bref.

Morrison, toujours chamane, a même donné une pseudo crise d’épilepsie à M. Cravate à coté de moi.

Bref, un film à voir… un bon documentaire, mais rien de neuf sous le soleil. Au moins, ça nous fait oublier la merdre d’Oliver Stone.

: Wouf !

Dr S : Merdre ! Mais t’es un chien, Malibu !

: Wouf.

 
When You're Strange - ma note pour ce film :
Réalisé par Tom DiCillo
Avec Johnny Depp, John Densmore, Robby Krieger, ...
Année de production : 2009
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