
Tiens, Dog Pound. Je ne savais pas que ça voulait dire : fourrière.
L’endroit où on met les bâtards, comme ils ont mis Malibu, la semaine dernière. Ou alors il s’est peut être fait écraser au sortir de chez moi ?
Quoiqu’il en soit, il n’y a plus
ni Malibu, ni interviewiste, ni homoncule aujourd’hui, et je dois vous parler
du dernier Chapiron. Chapiron, Kim, c’est Kourtrajme.
a aurait du le rester.
Chapiron, c’est à mon
humble avis le coté inutile du cinéma, et Dog
pound en est l’essence même.
Oh, je n’invente rien.
De son aveu personnel il relit les séquences sans grande conviction autre que
de faire un « cocktail explosif ». Si vous pensez que le cinéma
consiste juste à cela… Lisez la phrase suivante alors :
« Le cinéma n’est en réalité que la mise en
séquence de séquences, pour faire un cocktail explosif, trop de la balle. »
Et restons amis.
Nan.
Je déconne, barrez
vous.
Alors Dog pound ? Un cocktail explosif ?
Une réussite trop de la boulette qui tue sa race ? T’as vu ?
Dog Pound réussit tout. Dans les moindres détails.
Jusqu’au bruit, jusqu’à la plus petite prise de son, comme pendant cette
sodomie à sec si évidente (pour un type qui a été un an en prison pour des
besoins de réalisme, il aurait du voir que ça ne peut pas rentrer comme ça. Que
sur terre, il existe des lois de la physique qu’on peut plus difficilement transgresser
que les lois humaines.), tout est réussit.
Même la bande annonce.
C’est dire.
Tout explose. Mais pas
comme une belle bombe nucléaire dans un atoll du pacifique, hein ! Tout
explose plutôt comme un pétard mouillé.
En fait, Dog Pound
réussit dans son échec.
Ce film est un
brouillon, un bande annonce assaisonnée avec de la flotte, et deux trois petits
morceaux de poivre pour faire genre. Pour faire genre parce que sans ces
morceaux de poivre, le film aurait été d’un misérable… Et on aurait vraiment pu
se demander : mais que fait-on ?
C’est la crise,
paraît-il, et on donne de l’argent à Kim Chapiron pour nous sortir ça ?
Une sorte de reportage de France 2 qui n’aurait pas pris la voix off mais gardé
sa monotonie ?
Ce film est triste. Triste
car il n’a même pas de scénario. Pas de personnage. Non. Ne cherchez pas plus
loin que la bande annonce, hein. On y voit tout. Mais tout. Même la fin. Allez,
je ne puis que tenter de vous raconter le film ! Pas trop de spoil je vous
rassure, si vous avez vu la BA. Allez, je vous les soulignes, les spoils :
Quand Butch avait dix ans, son père jongleur ès tronçonneuse s’est
coupé la teub, ce qui a rendu dingue le gosse. Le gosse va en taule, parce qu’il est
légèrement dérangé et a très, mais très peu de vocabulaire (« Don’t do it
again »). Il crève l’œil d’un maton, et arrive à Enola Gay, où il se
fait brûler son poupouce puis tabasser la nuit par le gros dur de service,
qu’on appellera Babar parce que je ne me souviens plus de son nom. Butch n’en
lâche pas une aux matons et finit en isolement.
Ouais, à Enola Gay, Butch arrive avec Davis, le queutard vendeur
de drogue un peu bête et lâche, qui se fera voler ses caterpillars par Babar.
Babar qui va le droguer et lui dessiner une bite sur le visage. C’est qu’on
se fait chier en prison. Surtout quand on a des privilèges comme Babar. Bref,
il rejoint Butch en isolement parce qu’à Enola Gay, on ne se ballade pas
déguisé en dame.
Ah oui ! Babar est en vert, ça veut dire qu’il est gentil
(d’où Babar). Mais en réalité, c’est un gros fumier. Comprenez la subtilité du
scénar là ? C’est trop injuste quoi.
Bon, pis y’a Angel (on le voit au début, genre il est important).
Angel, lui, ne fait pas son lit correctement, et accessoirement, meurt après
avoir peint une femme à poil, la tête éclatée par Goodyear. Pas les pneus,
hein, le maton. Il était sur les nerfs car il ne pouvait pas aller voir sa
gamine pour son anniversaire.
Bref, un peu avant sa mort, Butch sort d’isolement avec Davis et
vont maraver la tronche à Babar et à ses potes. Après, ils font une balle au
prisonnier (haha) et Davis gagne. Davis a des problèmes avec sa mère, mais
finalement, après son viol, il veut la voir, et on le retrouve le matin avec
du sang sur le ventre. L’image dure deux seconde et on n’en saura pas plus,
sur le pourquoi du comment, ou je ne sais pas quoi.
Ah, je vous ai parlé du mec qui fait croire qu’il a le Sida,
mais qui ne l’a pas, et qui kiffe veugra la psy ?
Après y’a une émeute et Butch lance une chaise. Après il sort
dehors et se fait matraquer.
Et c’est fini.
Là, dans votre tête,
vous vous dites : c’est une blague, il ne dit pas tout ! Ben, si.
Allez le voir, vous
pourrez ensuite lâcher vos commentaires. Ce qu’il arrive aux personnages ?
On ne sait pas.
Je vois déjà des
cavaliers arriver au loin pour dire que : « Olà ! Maraud !
Mais si on ne voit rien, c’est toute la symbolique de la prison ! M’enfin !
Maraud ! Les murs quoi ! »
Cassez vous, par pitié.
Dog Pound, s’il est
symbolique, c’est du brouillon. C’est le plus beau papier froissé au fond d’une
poubelle. Le plus beau ! Que dis-je ? Le plus représentatif. Une
belle merdre reste… etc.
Avec Adam Butcher, Shane Kippel, Mateo Morales, ...
Année de production : 2010